Tombés en 2020 à leur plus bas niveau annuel depuis 2010, les achats d’or par les banques centrales rebondissent en ce début d’année 2021 sur fond de préoccupations quant à l’évolution de l’inflation, de reprise du commerce mondial et de rebond des cours pétroliers.
Du Brésil à la Thaïlande, en passant par l’Ouzbékistan ou la Serbie, les banques centrales du monde entier se remettent à acheter du précieux métal jaune, après être restées prudentes en 2020 pour préserver des finances mis à mal par la crise sanitaire. Restés scotchés à 326 tonnes en 2020, les achats d’or par les banques centrales devraient rebondir pour atteindre 500 tonnes en 2021, puis 540 tonnes l’année prochaine selon un rapport d’Aakash Doshi et d’autres analystes de Citigroup.. Ces chiffres resteraient néanmoins inférieurs aux pics atteints à plus de 600 tonnes en 2018 et 2019.
En 2020 donc, les banques centrales avaient précisément acquis 326,3 tonnes achetées, un creux depuis 2010, selon les données du World Gold Council, une organisation en charge du développement du marché du précieux métal jaune.
Mais en 2021, la reprise du commerce mondial renforce les comptes courants des pays émergents, offrant à leurs banques centrales la possibilité d’acheter davantage d’or. Le rebond de la demande constatée sur les six premiers mois de l’année est cependant tiré par une poignée de pays, “les 5 plus gros acheteurs (Thaïlande, Japon, Hongrie, Brésil, Ouzbékistan) ayant augmenté leurs réserves de 314 tonnes de métal jaune, soit déjà autant que les achats des banques centrales du monde entier en 2020” constate Laurent Schwartz, président du Comptoir national de l’or.
La Hongrie triple ses réserves d’or
Après une hausse de 12 tonnes en mai, la Banque Centrale brésilienne a nettement accéléré ses emplettes en juin en augmentant ses réserves de 1,3 million d’onces, soit 41 tonnes pour environ 2 milliards de dollars sur les deux derniers mois, note l’expert.
Le plus gros achat mensuel depuis le début de l’année (et le 4e plus gros depuis janvier 2009 tous pays confondus) est toutefois venu de la Hongrie. La banque centrale du pays d’Europe centrale a annoncé avoir acheté 63 tonnes en mars, triplant au passage ses réserves selon le dernier rapport trimestriel du World Gold Council. Dans son communiqué annonçant l’achat, l’institution a expliqué que “la gestion des nouveaux risques découlant de la pandémie de coronavirus avait joué un rôle clé dans cette décision”. “L’apparition de pics mondiaux de dettes publiques ou de craintes d’inflation accroît encore l’importance de l’or dans la stratégie nationale en tant qu’actif refuge et réserve de valeur” était-il ajouté.
Parmi les autres acheteurs, l’Inde (qui en acquiert régulièrement depuis fin 2017) a ajouté près de 20 tonnes sur le premier trimestre, quand l’Ouzbékisan a acheté 23 tonnes. “La hausse des prix du (pétrole, NDLR) brut stimule également les achats de lingots par les exportateurs de pétrole, dont le Kazakhstan (+8 tonnes au premier trimestre, NDLR), relève James Steel, analyste en chef des métaux précieux chez HSBC, selon qui la tendance devrait se poursuivre.
La Turquie se déleste, la Pologne veut accumuler
52% des personnes interrogés dans le cadre d’une enquête menée par le World Gold Council -auprès de ses sources dans les banques centrales du monde entier, 56 ayant répondu en 2021 (contre 51 en 2020), ce qui représente 37% du total- pensent ainsi que les institutions monétaires vont ajouter de l’or à leurs réserves sur l’ensemble de l’année. 5% des répondants seulement imaginent d’un autre côté les banques centrales réduire leurs réserves sur la période. Le plus grand vendeur d’or au cours du premier trimestre a été la Turquie, dont les réserves d’or ont diminué de 31,5 tonnes entre janvier et mars, des ventes motivées par la crise économique et monétaire en cours dans le pays, qui a vu la lire lâcher 15% face au dollar depuis le début de l’année et le renvoi soudain du gouverneur de la banque centrale en mars.
De l’autre côté, le président polonais a récemment fait part de son intention de gonfler les réserves d’or du pays d’au moins 100 tonnes au cours des prochaines années, pour faire grimper celles-ci à 20% des réserves de changes du pays. Pour rappel, le pays avait déjà acheté pour 100 tonnes d’or en 2019, ce qui en avait fait le plus gros acheteur de métal précieux cette année-là. Le président serbe Aleksandar Vucic a également fait part de son intention de faire passer les avoirs en métal précieux du pays de 36,3 à 50 tonnes. “À long terme, l’or est le gardien et le garant le plus important de la protection contre l’inflation et d’autres formes de risques financiers”, a déclaré la banque centrale.
Quant au cours, l’once se négocie autour de 1.820 dollars l’once, en léger recul par rapport au 31 décembre dernier (1.900 dollars) et en repli plus prononcé par rapport à son pic historique atteint à près de 2.040 dollars au cours de l’été dernier.
Source TradingSat.com
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